Intifada de désespoir ou de haine?

Screen Shot 2015-10-23 at 7.43.44 AMDepuis trois semaines, de jeunes Arabes descendent quotidiennement dans la rue, armés d’armes blanches qu’ils sont déterminés à planter dans la chair du premier juif venu.

Il ne leur importe guère que ce juif ait 13 ans ou 70 ans. Qu’il soit un hassid non-sioniste de Jérusalem, un nationaliste laïc de Beer Sheva, un religieux-nationaliste de Cisjordanie, ou un progressiste de Tel Aviv, militant pour la solution des deux États.

Tout ce qui importe à ces assassins est de tuer au nom de dieu, d’une mosquée et de la foi le plus possible de juifs parce que juifs. La faute de moyens de leurs auteurs ne devrait pas nous aveugler à la pulsion génocidaire inhérente aux assassinats ciblés de civils juifs.

Screen-Shot-2015-10-17-at-9.29.33-AMEt pourtant, à chaque explosion de terrorisme suicidaire palestinien, il ne manque pas de voix pour attribuer la violence palestinienne à une prétendue désespérance devant la résolution fuyante du conflit, plutôt qu’à une culture politique, fort répandue dans la région, qui met à feu et à sang le Moyen-Orient depuis des décennies. Sans jamais s’émouvoir des victimes juives fauchées sauvagement par des Palestiniens fanatisés dont les crimes sont célébrés par les responsables palestiniens et l’État islamique, une cohorte de commentateurs à Radio-Canada, au Devoir et à La Presse s’empressent de trouver des justifications aux assassinats de juifs en évoquant l'”arme” du faible et le “désespoir”.

L’ « intifada des couteaux » en cours nous ramène au rejet palestinien initial et permanent d’un compromis territorial pour deux légitimités nationales sur une même terre. Les Palestiniens, il importe de le rappeler, ont rejeté les occasions de former leur État en 1937, en 1948, en 2000, en 2001 et en 2008 parce qu’incapables de se résoudre à un compromis territorial avec l’État juif. Ce rejet se manifeste tant en présence comme en l’absence de tout horizon politique et diplomatique pour dénouer le conflit israélo-arabe.

Le recours cyclique des Palestiniens au terrorisme nous enseigne qu’il tend à se manifester avec le plus d’intensité lorsque des espoirs de compromis et de paix sont permis. L’encre des Accords d’Oslo n’avait pas encore séché lorsque la première vague d’attentats-suicides palestiniens déferle sur les Israéliens en 1993. C’est une deuxième vague d’attentats-suicides, en 1996, qui écarte du pouvoir l’héritier politique de Yitzhak Rabin, Shimon Peres. Et pour toute réponse aux offres israéliennes d’un État palestinien en 2000 et 2001, les Palestiniens ont déclenché leur plus sanglante campagne d’attentats-suicides, la  « seconde intifada ».

Malgré la succession des rejets palestiniens de tout compromis, une solide majorité d’Israéliens continuent d’appuyer des formations politiques favorables à la création d’un État palestinien, bien qu’ils désespèrent, non sans justification, de trouver un partenaire de paix palestinien. En effet, selon les plus récents sondages palestiniens, non seulement une majorité de Palestiniens rejettent-ils la solution des deux États, mais ils continuent d’aspirer à l’éradication complète de l’État juif, même après la création d’un État palestinien indépendant.

25238Admettons, pour les besoins du raisonnement, que les Palestiniens qui assassinent des juifs à l’aveuglette sont des désespérés. Et acceptons un instant que le peuple palestinien n’est même pas partiellement l’artisan de son propre malheur. Et puisque les prétendus amis de la cause palestinienne aiment tant faire des parallèles bancals avec l’ancien régime d’apartheid en Afrique du Sud, qu’on me permette de soumettre un rapprochement pertinent. S’il y a bien eu un peuple dans l’histoire récente qui avait toutes les justifications du monde d’être désespéré et qui n’était en rien responsable de l’oppression qui pesait sur lui, c’était bien les Noirs d’Afrique du Sud. Et pourtant, que je sache, les Noirs d’Afrique du Sud ne sortaient pas dans la rue poignarder le premier blanc venu.

Loin d’être l’expression d’un désespoir face à l’impasse israélo-palestinienne,  la violence palestinienne est le fruit morbide de décennies de propagande politico-religieuse qui érige le juif en ennemi irréductible de l’islam et des peuples arabes. Plus que tout autre facteur, c’est cette culture de la haine disséminée par les dirigeants palestiniens et de larges pans des leaders religieux de la région qui bouche tout horizon de paix et de sécurité pour les peuples palestinien et israélien.

Screen-Shot-2015-01-22-at-2.31.32-PMLa justification du meurtre de juifs sous prétexte de désespoir est doublement dépravée: elle fait preuve de racisme envers les Palestiniens musulmans auxquels on pardonne collectivement le comportement barbare et la pulsion génocidaire des plus extrémistes d’entre eux et réactualise la mentalité pogromiste.

C’est en 1929 que des dirigeants palestiniens incitèrent leur peuple pour la première fois à assassiner les juifs sous prétexte de défendre la mosquée al-Aqsa d’une menace imaginaire. Quelque 70 juifs furent massacrés à Hébron. 86 ans plus tard, le 16 septembre dernier, le réputé modéré Mahmoud Abbas déclarait à la télévision palestinienne, sous prétexte de défendre cette même mosquée du même péril imaginaire: « Nous nous réjouissons de chaque goutte de sang versée à Jérusalem ».

Tant que les dirigeants palestiniens seront assurés de la complaisance du monde à l’endroit de l’incitation incessante à la haine des juifs, le cycle du terrorisme palestinien sera condamné à se répéter, privant Palestiniens et Israéliens d’un avenir de paix et de sécurité dans le respect de leurs aspirations nationales légitimes.



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1 reply

  1. Vous dite “Mahmoud Abbas déclarait à la télévision palestinienne, sous prétexte de défendre cette même mosquée du même péril imaginaire: « Nous nous réjouissons de chaque goutte de sang versée à Jérusalem ».”

    Que j’aimerais que Radio-canada (et les autres médias francophones) nous rapporte les faits de la télévision palestinienne sur la déclaration de Mahmoud Abbas sur les Juifs ! Nous serions plus alors en mesure de poser un jugement sur Mahmoud Abbas.

    Je suis un désespérer (sans l’arme du faible!) de voir que nous manquons d’informations à Radio-Canada…

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