Réplique à l’ombudsman de Radio-Canada

Montréal, le 26 août 2014

Monsieur Pierre Tourangeau
Ombudsman
Radio-Canada

Objet: Révision de l’entrevue avec le Consul général d’Israël à Montréal diffusée à l’émission 24/60.

Monsieur,

La teneur de votre révision de ma plainte à l’endroit de l’entrevue avec le Consul général d’Israël réalisée par Sébastien Bovet est décevante à plus d’un égard. Or comme les révisions de l’ombudsman sont sans appel et que celle-ci est minée par des interprétations erronées du droit international et évite de répondre aux arguments qui sous-tendaient ma plainte, je ne peux la laisser sans réponse et me permets donc de vous adresser cette lettre ouverte.

Je regrette qu’au lieu d’examiner l’argumentaire documenté de ma plainte, vous ayez choisi de la réduire à une réaction subjective de ma part. Pourtant, l’approche de cette plainte ne diffère en rien de celles que je vous ai soumises par le passé et dont vous notez dans votre dernier rapport annuel qu’ «  elles sont aussi fort étayées et documentées, ce qui n’est pas pour nuire à leur efficacité »[1].

Vous croyez nécessaire de me rappeler que « Radio-Canada n’est pas un instrument de propagande et [que] les journalistes ne sont pas des relationnistes. » Or, rien dans les plaintes- fondées sur les faits ou leur mésinterprétation par certains de vos journalistes – que je vous ai adressées ne vous autorise à m’adresser ce rappel. Vous avez vous-même noté qu’il existe « des problèmes bien réels dans la couverture du différend israélo-arabe » et appelé la direction de l’information à « un changement d’attitude à l’égard du conflit israélo-palestinien »[2].

Les faits, je vous les rappelle: M. Bovet et la production de l’émission 24/60 ont déformé une déclaration prudente du Secrétaire général de l’ONU en acte d’accusation d’Israël; M. Bovet a catégoriquement déclaré (et non pas suggéré) qu’Israël était l’agresseur; confronté après l’entrevue avec la preuve irréfutable que le porte-parole du Hamas a bel et bien incité les Gazaouis à servir de boucliers humains, comme l’avait soutenu le Consul général, M. Bovet trouve le moyen de dénigrer la véracité des propos de ce dernier en jouant avec les mots[3], ce qui contrevient aux lois et politiques de programmation de Radio-Canada, notamment le devoir du journaliste de « respecter le sens des propos tenus par les participants ».

Il est navrant qu’au lieu de répondre à mes arguments, vous choisissiez de répondre aux plaintes outrancières que vous avez reçues alors que vous n’avez pas retenu leurs auteurs à titre de plaignants. Dans le même ordre d’idées, le fait que votre homologue d’une chaîne israélienne reçoit de nombreuses plaintes ne dit strictement rien de la pertinence et du bien-fondé de la mienne.

Vous dites, pour justifier le parti pris inhérent à la formulation des questions de M. Bovet, qu’il lui incombe de formuler « un point de vue répandu qui s’oppose à la position officielle d’un gouvernement ». Or lorsque M. Bovet affirme « vous êtes l’agresseur », par exemple, il ne formule pas « un point de vue répandu », mais se l’approprie à l’encontre de la valeur d’impartialité des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada. Tout est justement dans la formulation. Une entrevue serrée, voire agressive aurait donné lieu à des questions comme « les Palestiniens vous accusent d’être l’agresseur » et non pas « vous êtes l’agresseur » ou « le bilan des morts n’est-il pas plus lourd du côté palestinien » et non pas « Combien de morts, M. Lion? ».

Au-delà de la révision anémique de ma plainte, je suis consterné par votre interprétation erronée du droit international. Vous affirmez à tort qu’ « Israël, de son côté, contrôle ou occupe illégalement les territoires qu’il a conquis lors de la guerre israélo-arabe de 1967, y compris la bande de Gaza ». Or, bien que controversée, l’occupation de la Cisjordanie dans la foulée de la Guerre des Six jours est parfaitement légale. Car en vertu de la Résolution 242 du Conseil de sécurité de l’ONU, Israël n’est tenu de se retirer de territoires conquis que dans le contexte d’une résolution définitive de toutes les revendications et de tout état de belligérance, de la reconnaissance de sa souveraineté et de son intégrité territoriale et « de son droit de vivre en paix à l’intérieur de frontières sûres et reconnues, à l’abri de menaces ou d’actes de violence ». La seule façon légitime de mettre un terme à l’occupation est un accord négocié de paix global et final. Quant à Gaza, Israël n’exerce plus de contrôle sur ce territoire depuis son retrait complet en 2005. D’ailleurs, le co-fondateur du Hamas Mahmoud Zahar a lui-même déclaré que Gaza n’est plus un territoire occupé. Depuis son renversement violent de l’Autorité palestinienne en 2007, le Hamas est la seule autorité de gouvernance à Gaza, doté de sa propre police, de ses tribunaux et de ses prisons, de ses écoles, de ses médias et de ses services sociaux. C’est l’administration du Hamas qui règlemente le commerce, les banques, les propriétés, les taxes, etc., bref qui gouverne entièrement et exclusivement le territoire palestinien.

Il est troublant que vous inversiez cause et effet pour suggérer que le blocus partiel de Gaza est une forme d’ « agression » alors qu’il s’agit d’une mesure de défense non agressive contre l’intensification des tirs de roquette du Hamas sur la population civile israélienne après le retrait israélien de Gaza en 2005 et, surtout, dans la foulée du renversement de l’Autorité palestinienne en 2007. D’ailleurs, la Commission Palmer mandatée par le Secrétaire-Général de l’ONU pour enquêter sur les circonstances de l’arraisonnement du vaisseau turc qui avait tenté de forcer le blocus maritime en 2010 a jugé qu’il « a été imposé comme une mesure de sécurité légitime afin de prévenir l’entrée d’armes à Gaza par la mer et sa mise en œuvre est conforme avec les exigences du droit international ». Au demeurant, il n’en tient qu’au Hamas, une organisation désignée terroriste par le monde occidental, de mettre un terme à sa guérilla contre Israël, de reconnaitre le droit légitime d’Israël d’exister et de respecter les accords conclus entre l’Autorité palestinienne et Israël pour que soit levé le blocus partiel de Gaza.

Vous prétendez aussi que le droit international « interdit à des belligérants de frapper des cibles non militaires – maisons, hôpitaux, écoles – et même toute frappe qui risque de faire des victimes parmi les non-combattants ». Or rien n’est plus faux. D’une part, les conventions de Genève stipulent que le détournement de structures civiles à des fins militaires entraine la perte de leur statut de structure protégée. C’est précisément ce qui arrive lorsque le Hamas entrepose des armes dans des écoles et des mosquées, établit des centres de commande dans des hôpitaux ou encore lance ses attaques depuis des structures civiles ou dans leur proximité immédiate. D’autre part, il est complètement faux de prétendre, comme M. Bovet et vous-même le faites, que le droit international interdit tout frappe militaire qui risque de faire des victimes civiles. Ce que le droit dit est que le risque de victimes civiles doit être proportionnel à l’avantage militaire attendu d’une frappe.

Je maintiens donc qu’au cours de cette entrevue M. Bovet a exprimé des opinions personnelles, déformé les propos du Secrétaire-général de l’ONU et du Consul général d’Israël et erronément interprété le droit international. On pourrait être pardonné de croire que le biais anti-Israël est à ce point institutionnalisé à Radio-Canada que l’on y réécrit le droit international pour mieux accuser Israël de le violer.

Sincères salutations,

David Ouellette

[1] Rapport annuel 2012-2013 du Bureau de l’ombudsman (services français), p. 26

[2] Ibidem, p. 26

[3] M. Bovet avait affiché le plus grand scepticisme face aux propos du Consul général qui lui expliquait que le Hamas incite les Gazaouis à ne pas évacuer pour mourir en martyrs et le référait à une déclaration du porte-parole du Hamas en ce sens. En fin d’émission, M. Bovet  annonce que Radio-Canada a retracé la déclaration du porte-parole incitant les Gazaouis à « protéger avec leurs corps et leur sang les maisons palestiniennes » mais ajoute que la déclaration ne parle pas de mourir en martyr comme l’affirmait le Consul général. Or, cette déclaration correspond précisément aux définitions du martyr promues par les islamistes du Hamas et autres groupes djihadistes.



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15 replies

  1. « Combien de morts, M. Lion? ».
    Combien de fois Sébastien Bovet a-t-il posé cette question durant l’entrevue ? Sébastien Bovet n’est pas un nouveau venu dans le monde journalistique, Sébastien Bovet sait combien de morts et les raisons de cette grand proportions dans le nombre de victimes. Seulement Sébastien Bovet écoute et prends pour argent comptant tout ce que le Hamas dit. Sébastien Bovet sait que pendant qu’Israël construit des abris, le Hamas lui, utilise le ciment pour construire des tunnel non pas pour protéger sa population, mais pour attaquer Israël. Sébastien Bovet sait qu’en Israël il y a un system sophistiqué d’alerte alors que le Hamas lui s’arrange pour installer ses pas de tirs en plein milieu de la population et forcent les gens a demeurer sur place même s’il sait que les représailles sont pratiquement instantanés. Pendant que le Hamas utilise son ciment pour construire des tunnels pour attaquer, Israël construit des abris anti-aériens et conçoit des systèmes de détection pour faire éclater en vole les roquettes tirés pas le Hamas. Sébastien Bovet dans son interview occulte tout cela, et revient sans arrêt avec la même question « Combien de morts, M. Lion? ». On dirait même qu’il a l’air un peu déçu qu’il n’y ai pas plus de victimes du coté Israélien.

  2. Le conflit Israélo-Palestinien n’est pas le seul domaine où Radio-Canada fait son travail de propagande. Sa campagne anti conservateurs est à peine masquée. Régulièrement, lorsque j’ai le courage d’écouter la radio de Radio-Canada, des éléments de bulletins d’informations glissent vers le commentaire politique. Lorsqu’on parle du support du Canada à l’Ukraine, on s’empresse d’ajouter qu’il y a une communauté ukrainienne importante au Canada et donc des votes à aller chercher. Lorsque Stephen Harper appuie l’état d’Israël, on l’accuse de s’aligner servilement sur la politique américaine, ce qui assez risible si on suit le moindrement les interactions entre le gouvernement Obama et celui d’Israël.

    M. Ouellette, je viens de découvrir votre blogue et suis ravi de cette découverte.

    Un confrère photographe (DClic9)

    • Merci M. Constant de ce commentaire. En effet, le jupon idéologique de Radio-Canada ne dépasse pas seulement dans le dossier israélo-arabe. Ce n’est pas un hasard que l’ancienne ombudsman de Radio-Canada, Julie Miville-Dechêne, à peine en poste, avait écrit un article dans la revue de l’APJQ pour dénoncer l’homogénéité des points de vue dans notre paysage médiatique. En passant, j’aime beaucoup vos photos!
      David

  3. L’Intifada médiatique: le déchaînement des médias à noircir Israël et à désinformer consciemment sur Gaza

    La plupart des grands médias et des agences de presse dans le monde ont repris les chiffres de victimes fournis par le Hamas comme des élèves qui se copient mutuellement lors d’un examen.

    Dans un long article dans Forbes qui constitue un véritable réquisitoire, Béhar démontre en les citant que les médias ont tous répété ce que le Hamas voulait entendre, à savoir que la majorité des morts palestiniens étaient des civils. Il va sans dire que de ces «2000 morts» aucun n’a succombé à une mort naturelle ou accidentelle. ET bien sur les journalistes n’ont vu aucun combattants du Hamas, aucun mort du Hamas…

    Comment interpréter le déchaînement médiatique contre Israël lors de la couverture de L’Opération Bordure Protectrice?
    Dans La connaissance inutile*, (Grasset, 1988), Jean François Revel, expliquant comment les Marxistes se servent de leur idéologie pour masquer la réalité, cite une phrase de Mikhaïl Gorbatchev dans Perestroïka :

    « Ce n’est pas au socialisme que l’on doit imputer les difficultés rencontrées dans leur développement par les pays socialistes».

    Réduite à son armature logique, cette phrase équivaut à ceci : «Ce n’est pas à l’eau que l’on doit imputer les problèmes d’humidité qui se posent aux pays inondés».

    Cette analogie de Revel reflète assez bien selon moi, l’idéologie qui a servi de paradigme à la majorité des journalistes et chroniqueurs qui ont couvert ou commenté le conflit entre Israël et le Hamas (entre le 8 juillet et le 26 août 2014).

    « Les gens n’ont pas réagi aux évènements réels de Gaza, mais à la description de ces évènements par les agences »

    Selon Matti Friedman, ancien correspondant de l’Associated Press, les gens dans le monde n’ont pas réagi aux évènements réels qui se déroulaient en Israël et à Gaza, ils ont réagi à la description de ces évènements par les agences de presse.

    Or, il est clair que la majorité des reporters qui ont couvert le conflit se sont pliés à une norme journalistique que leurs lecteurs ne soupçonnaient pas.

    Ainsi, dès le 9 juillet, Le Point publiait un article complaisant sur la déclaration de Mahmoud Abbas qui s’était empressé d’accuser Israël de commettre un «génocide» à Gaza alors que les frappes israéliennes avaient à peine commencé en réplique à des tirs de roquettes du Hamas.

    Il était donc évident dès le premier jour que la machine propagandiste pro-Hamas allait se mettre en branle.

    D’après Richard Béhar la plupart des grands médias et des agences de presse dans le monde ont repris les chiffres de victimes fournis par le Hamas comme des élèves qui se copient mutuellement lors d’un examen.

    Dans un long article dans Forbes qui constitue un véritable réquisitoire, Béhar démontre en les citant que les médias ont tous répété ce que le Hamas voulait entendre, à savoir que la majorité des morts palestiniens étaient des civils. Il va sans dire que de ces «2000 morts» aucun n’a succombé à une mort naturelle ou accidentelle.

    C’est bien connu, pendant les conflits avec Israël, les Palestiniens ne souffrent d’aucune maladie. Leurs morts ne sont imputables qu’aux seules attaques des Sionistes.

    « Aucun reporter n’a vu de militants du Hamas (morts ou vivants) »

    Béhar et Friedman tentent toutes les deux de saisir à quoi est due cette convergence de l’illusion d’optique qui a fait en sorte que :

    1. aucun reporter n’a vu de militants du Hamas (morts ou vivants);
    2. aucun n’a vu ou raconté d’où partaient les tirs de roquettes;
    3. aucun n’a vu que les civils palestiniens étaient utilisés comme boucliers humains;
    4. la plupart ont refusé d’admettre ou d’avertir leurs lecteurs qu’ils avaient été victimes d’intimidation de la part du Hamas;
    5. Tous ont repris et répété le nombre de morts à Gaza et
    6. Tous ont considéré que l’essence même de leurs reportages était de dénombrer quotidiennement les morts palestiniens (les dénombrer pas les identifier).

    Bien sûr, il y a eu quelques exceptions répertoriées par Béhar (on pense à Gabriele Barbati), mais si peu nombreuses qu’elles ne font que confirmer la règle.

    Pas étonnant, alors que les populations alertées par leurs soins et manipulées par les pacifistes-gauchistes épris de la cause palestinienne pour cause d’idéologie «postmarxiste» ont réagi à ce qui semblait être un massacre, une épuration ethnique, un génocide.

    « Vouloir accuser Israël parce qu’on prend parti pour les plus faibles contre les plus forts passe encore, mais pourquoi insister pour absoudre le Hamas? «
    En quoi le fait de construire des tunnels pour aller attaquer des civils israéliens constitue t-il de la «résistance à l’occupation»? Pourquoi est-ce si difficile de comprendre qu’il n’y aurait pas d’embargo si la Bande de Gaza était démilitarisée?

    Pourquoi les chroniqueurs qui eux ne sont pas sur le terrain et donc n’ont aucune intimidation à craindre prennent-ils fait et cause pour le Hamas?

    Il y a quelques semaines, j’ai mentionné Jean-François Nadeau dans Le Devoir qui estimait que tous les défenseurs d’Israël mentent parce qu’ils reprennent les mêmes arguments, signe certain qu’ils se sont concertés pour dire la même chose. Mais, il y a eu avant lui l’ex-ministre québécoise, Lise Payette, qui a piqué une crise dans un de ces éditoriaux au vitriol dont elle a le secret, fustigeant les Québécois (que visiblement elle prend pour des abrutis) de ne pas manifester leur rage contre Israël et surtout contre Steven Harper qui ose soutenir Israël!

    Puis, dans Le Devoir toujours, Francine Pelletier, chroniqueuse, y est allé sur un autre registre. Insistant sur le fait qu’elle a brièvement visité Israël en 2001 et qu’elle a bien aimé son séjour, elle avance masquée, citant des Juifs de gauche, évidemment critiques de Nétanyahou et de sa stratégie envers Gaza. Elle feint de s’inquiéter de la crise de conscience des Juifs de la diaspora, mais c’est pour mieux lâcher sa bombinette : c’est sûr, Israël est coupable de crimes de guerre!

    Mme Pelletier qui est journaliste depuis 30 ans n’est pas diplômée en droit international. Elle est si intelligente qu’elle n’a pas besoin de lire la Convention de Genève pour vérifier la définition de crime de guerre.

    C’est facile, le Hamas lance des roquettes qui ne tuent presque personne alors qu’Israël réplique et tue en majorité des civils, donc il y a crime de guerre. L’affaire est pliée Votre Honneur!

    Je serais tentée d’en conclure que les chroniqueurs sont des simples d’esprit et les journalistes des menteurs si je n’avais pas lu Jean-François Revel, lequel a consacré deux livres aux mensonges et lubies des Marxistes : La Tentation totalitaire* et La Connaissance Inutile.

    Revel démonte le mensonge de Chomsky sur la soi-disant interdiction de son livre Bains de sang constructifs dans les faits et la propagande, aux États-Unis. Il montre que les Gauchistes français se sont déchainés contre Soljenitsyne parce qu’ils ne supportaient pas qu’il dénonce les goulags et la répression staliniste en Union Soviétique. Il y eût aussi, raconte Revel, leurs attaques contre Simon Leys à la parution de son livre, Les Habits Neufs du président Mao, qui dénonçait la Révolution Culturelle et donc mettait en cause leur dévotion pour Mao Zedong.

    Puis ce fut la phase droit-de-l’hommiste et antiraciste, pendant laquelle l’Apartheid en Afrique du Sud devint l’exemple paradigmatique du racisme des Blancs envers les Noirs et servit à occulter tous les cas de famines organisées et de massacres perpétrés par des Africains contre d’autres Africains (Sélassié, Amine Dada, etc.…)

    Quand Revel parle des louanges de la Gauche française à l’égard de Fidel Castro, on pense de nos jours à l’engouement de certains hommes politiques de gauche pour feu-Hugo Chavez, le dictateur marxiste qui a ruiné le Venezuela.

    Alors voilà, tout s’éclaire : les Islamo-fascistes sont la nouvelle gauche! Khaled Mechaal et Ismaël Haniyeh sont les nouveaux Che Guevara, Simon Bolivar et autres Zapatistes! Qu’ils fassent tuer des Palestiniens, c’est un détail de l’histoire comme disait Jean Marie Le Pen à propos des chambres à gaz. Ce qui compte, c’est qu’ils sont des libérateurs de peuple aux prises avec les impérialistes américains qui soutiennent les Sionistes, lesquels veulent contrôler le monde comme chacun sait.

    À partir du moment où l’on adopte cette grille, on n’a aucun besoin des faits. Ce que faisaient ou ne faisaient pas les militants du Hamas, se cachant dans les écoles ou se déguisant en femmes, visant des civils israéliens avec leurs roquettes, recevant des armes de la Libye, du Soudan et de l’Iran, utilisant de la main d’œuvre enfantine sous-payée pour creuser des tunnels, tout cela n’est que broutilles, propagande réactionnaire, visant à embrouiller les masses laborieuses.

    « Les masses laborieuses n’ont pas besoin de reportages sur la réalité, elles ont besoin de la vérité marxiste, anti-réactionnaire, anti-impérialiste. »
    Nadeau fustige les défenseurs d’Israël parce qu’il est de gauche et que ceux-ci sont forcément de droite. Francine Pelletier n’a d’égard que pour les Juifs de gauche qui critiquent Israël.

    Alors que le 11 août, Le Devoir annonçait que les Québécois devenaient plus nombreux à soutenir les Palestiniens, un sondage du journal La Presse publié le 22 août montrait le contraire : en fait, la majorité des Québécois interrogés ne soutenaient ni les Palestiniens, ni les Israéliens. Signe qu’ils sont perplexes et préfèrent ne pas se prononcer.

    Les masses laborieuses ne comprennent donc rien? Ou peut-être comprennent-elles que les Gauchistes ont essayé de les mener en bateau?

    La religion est l’opium du peuple comme chacun sait, c’est la raison pour laquelle les Marxistes sont athées : pour mieux s’intoxiquer avec une idéologie totalitaire qui les empêche de réfléchir.

    Quand les masses laborieuses vont rentrer de leur vacance et se remettre de cette intoxication, elles verront la réalité : Abbas qui a changé son fusil d’épaule et blâme le Hamas pour les victimes civiles à Gaza.

    Mais la Gauche n’a pas dit son dernier mot : il y aura le Rapport de l’ONU sur les crimes de guerre commis par Israël!

    Ce sera l’occasion de vérifier… Si les gens ont la mémoire courte.

    © Magali Marc, Ph.D Science politique

  4. ” Le Canada ne reconnaît pas le contrôle permanent exercé par Israël sur les territoires occupés en 1967 ” (citation de la politique du Canada par M. Tourangeau)

    Cela signifie, contrairement à ce que prétend M. Tourangeau, que le Canada peut:

    1) reconnaitre le contrôle TEMPORAIRE exercé par Israel sur les territoires occupés en 1967;
    2) reconnaître le contrôle permanent exercé par Israel sur une partie de ces territoires.

    En somme, le texte de M. Tourangeau ne repose PAS sur des faits, mais sur une interprétation fort restrictive qu’il fait des textes qu’il cite.

  5. Je suis renversé de constater que M. Tourangeau ait tellement de difficultés à lire correctement des textes pourtant simples. D’après les sources mêmes de M. Tourangeau, on voit bien que “le Canada ne considère pas que l’occupation de la Cisjordanie est illégale”, comme le dit David. Ce que le Canada considère illégal, c’est l’occupation PERMANENTE de la TOTALITÉ de la Judée-Samarie. En somme, le Canada ne va considérer comme illégale cette occupation que si elle devient permanente sur la totalité de la Judée-Samarie. Pour l’instant, RIEN n’indique qu’elle soit permanente ou qu’elle ne se fasse sur la totalité de la Judée-Samarie.

  6. Bonjour M. Ouellette,

    Je vous remercie de vos commentaires.

    Je n’y répondrai que brièvement.

    Je remarque que vous ne reprochez pas à M. Bovet le contenu de ses questions, mais la forme. Vous concluez que la forme utilisée le rendait partial en ce qu’il assumait les opinions qu’il opposait à M. Lyon. Je crois plutôt que cette forme dénotait une fermeté et une insistance légitime au regard du sujet abordé : la mort choquante de centaines de civils innocents, femmes et enfants.

    En ce qui touche votre interprétation du droit international, elle vous appartient et je ne souhaite pas en débattre. Quelques rappels des faits toutefois : le rapport Palmer évoquait le blocus maritime de Gaza, pas le blocus terrestre. Le Canada comme les autres grands alliées d’Israël considèrent illégaux, en vertu du droit international, l’occupation et le contrôle exercés par Israël sur les territoires palestiniens, y compris sur Gaza, entre autre par le blocus. Même chose pour la colonisation des territoires palestiniens, aussi en contravention du droit international.

    Pour ce qui est du détournement à des fins militaires de bâtiments civils, ils me semble hasardeux de prétendre, comme vous le faites, que toutes les cibles civiles visées ou atteintes par l’armée israélienne, maisons, hôpitaux, écoles, étaient bel et bien utilisés par le Hamas.

    Vous dites également qu’en vertu du droit international « le risque de victimes civiles doit être proportionnel à l’avantage militaire attendu d’une attaque. » En fait, il dit plutôt que les attaques susceptibles d’endommager des installations civiles et de faire des victimes civiles et qui seraient « excessives » en regard des avantages militaires obtenus doivent être annulées ou suspendues. Israël a toujours invoqué la légitime défense contre les attaques de roquettes du Hamas pour justifier ses actions à Gaza. Or les répliques d’Israël n’ont jamais fait cesser les attaques de roquettes du Hamas, attaques qui ont par ailleurs fait peu de victimes en comparaison des ripostes d’Israël. C’est sur cette base que plusieurs peuvent soutenir que dans le contexte du conflit les attaques d’Israël sont effectivement excessives et disproportionnées.

    Sur ce, nous comprenons tous les deux que nous pourrions débattre longtemps de chacun des éléments sur lesquels nous ne nous entendons pas. Il demeure qu’Israël est bel et bien un État qui ne respecte pas toutes les dispositions du droit international.

    Toujours cordialement,

    Pierre Tourangeau
    Ombudsman des Services français
    Blogue et révisions sur http://www.ombudsman.cbc.radio-canada.ca/fr/

    • Bonjour M. Tourangeau,

      Je ne vous ai pas offert mon interprétation du droit international, mais l’interprétation courante des juristes experts en la matière. Par exemple, le 27 août dernier, Alexander Knoops, avocat de la défense devant les Tribunaux pénaux internationaux pour l’Ex-Yougoslavie (ICTY) et pour le Rwanda, offre dans un article publié dans Ha’aretz cette définition de la proportionnalité employé par l’ICTY, laquelle correspond très exactement à celle que je vous ai soumise:

      “More importantly, and perhaps decisive for Protective Edge, are the ICTY observations on the proportionality principle: If an airstrike remains within the ambit of “a reasonable military commander’s purview,” whilst these casualties are measured against the military advantage pursued by the operation and are not “clearly disproportional,” the airstrike cannot be presumed a war crime.” Source:http://www.haaretz.com/opinion/.premium-1.612752

      William A. Schabas, président de la commission d’enquête sur le conflit Israël-Hamas du Conseil des droits de l’homme de l’ONU concorde:

      ” Le fait que des gens soient tués pendant un conflit armé ne crée pas de présomption de crime de guerre. Il faut vérifier si les attaques étaient ciblées, si elles avaient un objectif militaire, si elles tiennent comptent des dommages collatéraux et si elles sont proportionnelles aux attaques.”
      Source: http://www.droit-inc.com/article13404-Un-juriste-entre-les-bombes&highlight=schabas

      Contrairement à ce que vous prétendez, le Canada ne considère pas que l’occupation de la Cisjordanie est illégale, puisqu’il considère que la résolution du conflit doit être négociée sur les bases des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a établi le principe “terre contre paix”. Source: http://www.international.gc.ca/name-anmo/peace_process-processus_paix/canadian_policy-politique_canadienne.aspx?lang=fra

      De même, le Canada n’a jamais condamné le blocus partiel de Gaza. En fait, il en reconnait la légitimité. Lorsque des militants anti-Israël ont voulu forcer le blocus en 2011, le ministre des Affaires étrangères John Baird a fait la déclaration suivante:

      “Le Canada reconnaît les préoccupations légitimes d’Israël en matière de sécurité ainsi que son droit de se protéger et de défendre ses habitants contre toute attaque du Hamas ou d’autres groupes terroristes, notamment en empêchant le trafic d’armes.” Source: http://www.international.gc.ca/media/aff/news-communiques/2011/149.aspx?lang=fra

      Encore une fois, je crains que ce soit Radio-Canada, et non moi, qui fasse preuve de partisanerie en déformant les faits et le droit international.

      • Bonjour M. Ouellette,

        J’essaierai encore une fois d’être bref, mon rôle n’étant pas de débattre avec les plaignants. Mais comme vous utilisez mes révisions à vos fins, je me permets une petite incartade.

        Je suis d’accord avec les experts que vous citez, mais tout dépend de l’appréciation du caractère « proportionnel » des attaques d’Israël en réplique à celles du Hamas. Je vous soumets que cette question est éminemment sujette à débat.

        Par contre, je m’inscris en faux contre votre affirmation voulant que « le Canada ne considère pas que l’occupation de la Cisjordanie est illégale puisqu’il considère que la résolution du conflit doit être négociée sur les bases des résolutions 242 et 338 du Conseil de sécurité des Nations Unies qui a établi le principe “terre contre paix” ».

        Ce que le Canada dit à propos de ces résolutions, c’est qu’elles doivent être à la base d’un accord de paix global.

        Sur le contrôle exercée sur les territoires palestiniens, y compris Gaza, voici exactement la position officielle du Canada telle qu’on peut la lire sur les documents que vous me citez tirés du site du ministère canadiens des Affaires étrangères : http://www.international.gc.ca/name-anmo/peace_process-processus_paix/canadian_policy-politique_canadienne.aspx?lang=fra#a02

        «Territoires et colonies de peuplement

        Le Canada ne reconnaît pas le contrôle permanent exercé par Israël sur les territoires occupés en 1967 (le plateau du Golan, la Cisjordanie, Jérusalem-Est et la bande de Gaza). La Quatrième Convention de Genève s’applique dans les territoires occupés et définit les obligations d’Israël en tant que puissance occupante, en particulier en ce qui concerne le traitement humanitaire des habitants des territoires occupés.

        Comme le mentionnent les résolutions 446 et 465 du Conseil de sécurité de l’ONU, les colonies de peuplement israéliennes dans les territoires occupés sont contraires à la quatrième Convention de Genève.

        Elles constituent en outre un obstacle sérieux à l’instauration d’une paix globale, juste et durable.
        Le Canada estime qu’Israël et l’autorité palestinienne doivent pleinement respecter les droits de la personne et le droit humanitaire, ce qui est la clé pour assurer la protection des civils et peut contribuer à la création d’un climat propice à l’établissement d’une entente de paix juste, durable, et globale. »

        J’ajoute aussi cet extrait, à propos de la barrière de sécurité cette fois, autre exemple, selon le Canada du non-respect par Israël d’une disposition du droit international :

        « La barrière

        Le Canada reconnaît le droit qu’a Israël de protéger ses citoyens contre les attentats terroristes, y compris en restreignant l’accès à son territoire, et d’ériger une barrière sur son territoire.

        Le Canada s’oppose à la construction, par Israël, d’une barrière à l’intérieur de la Cisjordanie et de Jérusalem-Est, qui sont des territoires occupés. Cette construction est contraire au droit international en vertu de la quatrième Convention de Genève.

        Le Canada est non seulement opposé à la construction, par Israël, d’une barrière empiétant sur les territoires occupés, mais également aux expropriations et à la démolition de maisons et d’infrastructures économiques à cette fin. »

        Cela dit, je réitère que mon intention et mon rôle en tant qu’ombudsman ne sont pas de prendre position sur les actions d’Israël, mais de déterminer si les plaintes formulées à l’endroit de ses journalistes sont fondées ou non en regard des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

        Pour y parvenir, je dois me reposer sur des faits, et non sur l’interprétation de ces faits.

        Admettez au moins, je vous prie, que dans le terrible, interminable et affligeant conflit qui oppose, depuis sa création, Israël à ses voisins arabes, ces faits soient de plus en plus difficiles à cerner.

        Cordialement,

        Pierre Tourangeau
        Ombudsman, Radio-Canada

      • Bonjour M. Tourangeau,

        Si le Canada jugeait l’occupation illégale, sa position serait d’exiger un retrait inconditionnel d’Israël des territoires conquis en 1967 et non pas un retrait sur la base d’un accord de paix négocié selon les principes de 242 et 338. Quand le Canada dit ne pas reconnaitre le contrôle permanent d’Israël sur les territoires, il ne la qualifie pas d’illégale mais demeure cohérent avec son soutien du principe “terre contre paix”.

        Bien à vous,
        David Ouellette

  7. Now Mr Baird you latest comment.

    Canada, again, cautiously welcomes the ceasefire in Gaza and calls on Hamas to uphold its commitment.
    “Palestinians in Gaza have suffered greatly under Hamas’s reign, and it is high time that their needs are put first over their rulers’ blind ambition.
    “Further violence can be avoided if Hamas immediately lays down its arms and Gaza is demilitarized.
    “Israel will be forced to continue defending itself as long as Hamas continues its rocket attacks against civilians, and Hamas will be solely to blame for any further loss of life.
    “Canada mourns the loss of life in Gaza and Israel and hopes that Palestinians and Israelis will one day soon realize true peace and security. We urge both Israel and the Palestinians to resume direct negotiations toward a comprehensive peace deal that will meet the aspirations of both sides.
    “We thank the Egyptian government for its tireless efforts in brokering this deal.”

    What did Radio Canada Said…

    Canada, again, cautiously welcomes the ceasefire in Gaza and calls on Hamas to uphold its commitment.
    “Palestinians in Gaza have suffered greatly under Hamas’s reign, and it is high time that their needs are put first over their rulers’ blind ambition.
    “Further violence can be avoided if Hamas immediately lays down its arms and Gaza is demilitarized.
    “Israel will be forced to continue defending itself as long as Hamas continues its rocket attacks against civilians, and Hamas will be solely to blame for any further loss of life.

    Alors comme avec Israel on essaie de tous faire pour denigrer le gouverenment du Parti Conservateur..
    On ne veut pas montrer John Baird regretter les mort des deux coter et de faire la promotion pour la paix..
    Car a radio Canada on veut tous faire pour dire que le Parti conservateur s’agenouille devant Israel
    Comme La photo que je me rappelle radio Canada avais mis de John Baird qui s’agenouiller.

    Mr Ouellette ..c’est trop …Que peut t-on faire …
    est ce qu on peut poursuivre un station Publique pour desinformation.??

  8. Excellente mise au point

  9. Les faits sont les faits.

    Le Hamas est le Hamas.

  10. Bravo et tres bien dit….

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