Vers une libération de la parole antisémite?

La chaîne de télévision publique canadienne RDI (le Réseau de l’information de Radio-Canada) diffusait récemment une tribune téléphonique invitant les téléspectateurs à exprimer leur opinion sur le soutien robuste du gouvernement canadien au droit d’Israël de défendre sa population contre les tirs de missiles des djihadistes palestiniens à Gaza.

Or, plusieurs des téléspectateurs qui ont appelé le studio pour exprimer en ondes leur point de vue n’ont pas hésité à assimiler « les Juifs » aux « nouveaux Allemands ». Ils ne s’embarrassaient même pas de la feuille de vigne rhétorique de la « nouvelle judéophobie » qui consiste à substituer « Juifs » à « sionistes ».

Placidement, l’animateur remerciait chaque participant d’avoir appelé et se félicitait de la « diversité » des points de vue exprimés. A aucun moment l’équipe de production de l’émission qui filtre les appels du public avant de leur donner l’antenne n’a-t-elle jugé opportun de faire un rappel à l’ordre. Pire encore, l’animateur a même lu en ondes le message électronique d’un téléspectateur assimilant les Juifs aux nazis, privant du coup la chaîne de l’alibi de la spontanéité des appels en direct pour se dédouaner de ces intolérables dérapages.

Dire que le nazisme incarne le mal absolu dans la conscience collective occidentale relève du truisme. Aussi n’est-ce pas un hasard que le sophisme de choix des polémistes en mal d’arguments pour anéantir la crédibilité et la réputation de leurs adversaires consiste à les assimiler au nazisme. Lorsqu’on assimile « les Juifs » aux « nazis », non seulement retourne-t-on odieusement le génocide nazi contre ses victimes, mais on renoue avec le discours antisémite et anti-judaïque classique de la diabolisation absolue des Juifs.

Il y a quelques jours, un célèbre chroniqueur était l’invité de Radio X, une station radio privée montréalaise. Préfaçant son commentaire sur le conflit Israël-Hamas d’un retour historique sur la fondation de l’État d’Israël, il affirma que les Juifs, en prenant le contrôle économique des pays où ils vivent, « suscitent la haine des nations locales » et se sont ainsi attirés l’ « Inquisition » et « Hitler ». Puis, dans une accusation tributaire du tristement célèbre faux antisémite, les « Protocoles des Sages de Sion », il avança que par leur poids financier et leurs « menaces », les Juifs, de Paris à Montréal, en passant par New York, transformaient les gouvernements en « marionnettes » , tandis que les animateurs de l’émission acquiesçaient béatement.

La libération de la parole antisémite lors de conflits armés au Moyen-Orient n’est rien de neuf au Québec, comme ailleurs. En revanche, que l’expression désinhibée de sentiments antisémites se déplace de la marge de notre société au centre de la sphère publique constitue un nouveau phénomène inquiétant observable au Québec depuis la Seconde guerre du Liban en 2006.

Le phénomène est d’autant plus inquiétant qu’il semble être reçu dans une indifférence générale croissante, voire le déni. Alors qu’aujourd’hui ces dérapages antisémites sont passés virtuellement inaperçus, il y a seulement 2 ans, au milieu de l’opération Pilier de défense, un dérapage semblable avait provoqué une onde de choc considérable lorsqu’un animateur de radio avait incité une auditrice à se lancer dans une diatribe antisémite célébrant la Shoah comme « la plus belle chose qui pouvait arriver [dans] l’histoire». La station de radio avait pris des mesures disciplinaires à l’encontre de l’animateur.

En revanche, interrogé hier par le quotidien torontois The National Post, le porte-parole de Radio-Canada Marc Pichette a déclaré que selon les directeurs du Réseau de l’Information l’assimilation des Juifs aux nazis ne peut être considérée antisémite. Radio X, quant à elle, n’a pas retourné les appels du quotidien.

Les Juifs québécois ont le bonheur de vivre dans une société où, contrairement à l’Europe, l’antisémitisme n’a jamais été une idéologie politique majeure et où la violence antisémite est rarissime. Il n’en demeure pas moins que l’indifférence et le déni de la désinhibition de la parole antisémite devraient alarmer tous les Québécois, qu’ils soient juifs ou non.

Publié aussi dans l’édition française du Times of Israel



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9 replies

  1. La face caché du socialisme ou quand les gauchistes socialistes en chemise
    brune veulent faire oublier le passé nazi de leur idéologie socialiste

    Le national socialisme était une idéologie socialo communiste
    a 100%

    Le fondement du national socialisme et du nazisme est incontournable et c’est le socialisme ….nous sommes socialistes et tout les dirigeants nazis se réclamaient de cette idéologie dans leur écrits et leur discours socialistes

    La collaboration entre les communistes,les socialistes et le régime nazi national socialiste n’est plus a démontrer aux yeux de l’histoire meme si cette la vérité déplait aux gauchistes car le national socialisme etait une idéologie socialiste

    Goebbels : « Nous sommes socialistes. Nous sommes ennemis, ennemis mortels de l’actuel système capitaliste, avec son exploitation de celui qui est
    économiquement faible, avec son injustice dans la redistribution, avec ses
    inégalités de salaires. Nous sommes décidés à détruire le système coûte que
    coûte…L’Etat bourgeois est arrivé à sa fin. Nous devons former une nouvelle
    Allemagne. Le futur c’est l’idée socialiste de l’Etat. Etre socialiste
    signifie soumettre le «je » au «tu ». Le socialisme, c’est sacrifier la
    personnalité individuelle au «tout »

    Ce discours prononcé par le socialiste de Goebbels sur le capitalisme est exactement celui qui est tenu par les gauchistes et les socialos communistes qui aujourd’hui sont les alliés de l’islamo socialisme

    Hitler : « Ce n’est pas l’Allemagne qui sera bolchevisée mais le bolchevisme
    qui deviendra une sorte de national-socialisme… Il existe entre nous et les
    bolcheviques plus de points communs que de divergences… Les petits bourgeois et les syndicalistes ne pourront jamais devenir de vrais socialistes
    nationaux, les communistes toujours ». «Fondamentalement le socialisme
    national et le marxisme sont la même chose»

    La vérité qui tue…

    La collaboration avec le national socialisme de Hitler était avant tout le fruit de la concertation des partis socialistes ,communistes et des pacifistes qui utilisaient l’arme du pacifisme pour ne pas nuire a l’avancé du national socialisme hitlérien qui se réclamait du discours socialiste et du communisme bolchévique en Europe

    C’est le sale petit secret des socialos gauchistes qui est révéler au grand jour

    Quand le socialo gauchiste a court d’argument accuse son adversaire d’etre un fachiste pour se donner un air respectable ..c’est simplement le fachiste qui crie au fachisme comme le voleur qui crie au voleur

    Les collaborationnistes, qui prônaint le principe de la
    collaboration politique et l’entrée en guerre aux côtés de l’Allemagne
    étaient des partis socialos communistes (Rassemblement national populaire (RNP), Parti populaire français (PPF) ou
    militaires (LVF))

    Le Rassemblement national populaire (RNP) (1941-1944) était un parti
    collaborationniste français fondé par Marcel Déat en février 1941. Se
    voulant socialiste et européen, il se destinait à « protéger la race », et à
    collaborer avec l’Allemagne nazie.

    Le RNP fut l’un des trois principaux partis collaborationnistes avec le
    Parti populaire français (PPF) de Jacques Doriot et le Parti franciste de
    Marcel Bucard, prônant un alignement politique, social et militaire sur
    l’Allemagne nationale-socialiste.

    La gauche socialiste pacifiste servait de paravent a la montée du national
    socialisme et elle visait a faire taire toute critique contre le national
    socialisme et le nazisme

    Il en est de meme aujourd’hui face a la montée de l’islamos fachisme
    socialiste qui est aussi une idéologie socialiste et et anti
    sémite dont les tenants se réclament de l’anti sionisme pour camoufler dans la respectabilité leur indécrottable anti sémitisme de gauchistes

    L’une des particularité du RNP est la prédominance dans ses instances
    dirigeantes d’éléments issus de la gauche pacifiste, très majoritairement de
    la SFIO ou du néosocialisme, ce qui se traduit par un discours socialiste,
    une activité syndicaliste et une orientation fédéraliste européenne plus
    marqués que chez les autre mouvements collaborationnistes.

  2. la reponse de L’ombudsman de radio canada sur les propos de Marc Pichette…
    Ce n’est pas un journaliste donc ca ne me concerne pas….Wow quelle reponse..
    Que pensez vous de cela Mr Ouellette

  3. “se déplace de la marge de notre société au centre de la sphère publique” (DO)

    Ce déplacement, s’il en est d’orientation, relevant, habituellement et sans exclusivité, du monde de la désinformation, présuppose un terreau fertile, susceptible d’intérêts douteux mais volontaires !

    De ce déplacement, on-dirait que le Québec semble comme revenir d’avant “sa” révolution dite …

    … tranquille ! – 17 août 2014 / 21 av 5774 –

  4. “l’’indifférence et le déni de la désinhibition de la parole antisémite devraient alarmer tous les Québécois, qu’ils soient juifs ou non.” Vous avez raison.

    Ce qui est un peu paradoxale dans le fameux journal de Montréal, c’est qu’il y a des chroniqueurs non-juifs qui sont largement sympathique aux juifs et à Israël et qui sont opposer au racisme et à l’antisémitisme.

    Pourquoi ces gens ne parlent pas du cas Proulx. Pourquoi !

    Je ne comprend pas présentement ce mutisme. Pourquoi aucune de ces personnes n’expriment une critique (même en étant poli !) à la chronique antijuive délirante de Gilles Proulx ?

    La rédaction du journal de Montréal bloque peut être quelque chose ?

    Votre public est en droit de savoir M. Ouellette.

    C’est le droit du public à l’information.

    Jason

  5. M. Ouellette,

    Dans “l’affaire Gilles Proulx”, est-ce que vous avez demander de manière officielle et formelle des explications à la direction du journal de Montréal et de Radio-X ?

    Jason

  6. “le porte-parole de Radio-Canada Marc Pichette a déclaré que selon les directeurs du Réseau de l’Information l’assimilation des Juifs aux nazis ne peut être considérée antisémite.”

    Si c’est Marc Pichette qui dit ça, c’est qu’il est un pauvre crétin.

    Oui il existe un complot actuellement à Radio-Canada. C’est celui du crétinisme satisfait.

    Jason

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