Un neuvième blâme pour la correspondante de Radio-Canada en Israël

Nouveau blâme pour Ginette Lamarche

Répondant à une plainte du Centre, l’Ombudsman de Radio-Canada conclut que « le reportage de Mme Ginette Lamarche, diffusé dans les téléjournaux de Radio-Canada le 8 décembre 2012, sur le discours du chef du Hamas, Khaled Mechaal, a enfreint par son manque de clarté la valeur d’exactitude des Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada ».

Il s’agit de la neuvième infraction aux normes journalistiques de Radio-Canada de la correspondante de la Première chaîne à Tel Aviv depuis l’automne de 2011.

P.S. A ceux qui seraient tentés de croire que cette accumulation de blâmes incitera la direction de Radio-Canada à rappeler sa correspondante d’Israël pour l’affecter à un dossier à sa hauteur, détrompez-vous. Ginette Lamarche terminera sans interruption son mandat. Les Normes et pratiques journalistiques sont sans conséquences à Radio-Canada qui n’a aucun malaise à permettre à une journaliste si peu rigoureuse de sévir dans l’un des dossiers les plus complexes et sensibles de l’actualité internationale.

Montréal, le 9 décembre 2012

M. Pierre Tourangeau
Ombudsman
Radio-Canada

Objet : Reportage de Ginette Lamarche sur le discours de Khaled Meshal à Gaza (8 décembre 2012)

Monsieur,

À l’occasion de la visite à Gaza du leader en exil du Hamas Khaled Meshal, la correspondante de Radio-Canada au Moyen-Orient, Ginette Lamarche, rapportait le 8 décembre que le Hamas a conditionné sa reconnaissance d’Israël à la fin de l’occupation.

« Le Hamas ne reconnaitrait pas Israël tant et aussi longtemps que l’État hébreu occupe la Palestine », affirmait-elle dans son reportage intitulé Le Hamas a 25 ans, diffusé à la télévision de Radio-Canada.

Or, ce n’est pas du tout ce qu’a dit le leader du Hamas, Conformément à la charte du Hamas qui appelle à la destruction d’Israël, Meshal a clairement affirmé que « toute la Palestine », incluant Israël, devait être libérée par le djihad.

Aussi, aucun grand média n’a escamoté de la sorte le sens du discours de Meshal. Par exemple, le service anglophone de  Radio-Canada, dans un article intitulé Hamas marks 25th anniversary with anti-Israel speech, rapporte ces propos de Meshal qui ne laissent place à aucune ambigüité:

« We are not giving up any inch of Palestine. It will remain Islamic and Arab for us and nobody else. Jihad and armed resistance is the only way, » Mashaal said, referring to holy war. « We cannot recognize Israel’s legitimacy. »

L’Agence France-Presse, dans un article publié par La Presse et de nombreux médias français, n’escamote pas plus le sens du discours de Meshal:

«J’espère que notre quatrième naissance sera la libération de la Palestine, toute la Palestine», a affirmé le chef du Hamas, évoquant la Palestine mandataire, qui couvrait Israël et les Territoires palestiniens.

Le Washington Post rapporte quant à lui dans un article intitulé Hamas leader Khaled Meshal says group will never recognize Israel que Meshal a déclaré:

« Palestine, from the river to the sea, from north to south, is our land,” Meshal said, “Not an inch of it can be conceded. »

On le voit bien, le Hamas considère que le territoire de l’État d’Israël est un territoire palestinien à libérer par la guerre. Le Hamas et Khaled Meshal ne conditionnent donc pas leur reconnaissance d’Israël à l’autodétermination des Palestiniens à Gaza et à la Cisjordanie, comme le prétend Madame Lamarche, mais affirment clairement que jamais ils ne reconnaitront Israël et que l’État juif doit disparaitre.

Nous estimons que ce reportage de Ginette Lamarche ne respecte pas la valeur d’exactitude inscrite dans les Normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada.

Meilleures salutations,

David Ouellette
Directeur associé, affaires publique (Québec)
Le Centre consultatif des relations juives et israéliennes



Categories: Antisionisme, Islamisme, Médias

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7 replies

  1. Si les partisans du Hamas écoutent par pur (bis) hasard Radio-Canada (de langue française), ils vont se réjouir en se rendant compte que ce média peut faire l’objet de “trafic d’influence”. La possibilité d’un LEVIER (lire Ginette Lamarche et cie…) est bien LÀ.

    Jason

  2. Premier commentaire. Pierre Tourangeau a répondu à votre demande.

    Deuxième commentaire. Pierre Tourangeau rend justice à l’inexactitude de Ginette Lamarche.

    Troisième commentaire. Pierre Tourangeau n’est pas Ginette Lamarche.

    M. Ouellette, avec le nombre très élevés de plaintes, Radio-Canada (de langue française) va certainement modifier sa RIGUEUR JOURNALISTIQUE ! Il have a dream !…

    Jason

  3. J’ai l’impression qu’ils vont se rendre à dix infractions (pour faire un chiffre rond) et après, ils vont la muter ailleurs!!!

    • *jeanlucproulx

      Ce n’est pas 9 infractions que Mme Lamarche fait. Mais c’est grossièrement plusieurs JOURNALISTES qui font des erreurs dans la boîte….

      Jason

    • Il’s n’ont aucune intention de la muter ailleurs. Ils vont lui permettre de terminer tranquillement son mandat car les normes et pratiques journalistiques de Radio-Canada sont sans conséquences et l’incompétence et les partis pris tolérés.

      • Petite entorse. L’ex-journaliste Christine St-Pierre.

        Jeff Lisée en parlait en 2006.

        Jason
        ————————-

        28 septembre 2006

        L’actualité

        Le Coup de boule de Christine Saint-Pierre

        Un siècle fou

        Il y a des moments où on ne peut faire autrement que d’enfreindre les règles et en subir les conséquences.

        On voudrait écrire : C’était plus fort qu’elle. On aurait tort. Je parle de Christine Saint-Pierre, la journaliste chevronnée du Téléjournal de Radio-Canada qui a enfreint la très honorable règle d’objectivité de la maison. Couvrant le débat politique passionné entourant l’intervention militaire canadienne en Afghanistan et ahurie d’entendre des arguments pacifistes primaires, elle prit la plume et envoya le fond de sa pensée au quotidien La Presse. Oh, presque rien. Quinze lignes.

        Je la cite (elle s’adresse aux soldats) : « Des voix s’élèvent pour réclamer votre retour au pays. Moi je dis de grâce non. […] Au péril de votre vie, vous êtes là pour empêcher que le régime de terreur des Talibans ne reprenne le contrôle. Nous ne devons pas oublier les exécutions publiques, la faim, les viols, les petites filles bannies de l’école, les femmes condamnées à porter l’horrible burqa. »

        J’écrirais ces lignes dans cette chronique – je pourrais, j’y souscris mot pour mot – que je ne subirais aucune remontrance. Je suis chroniqueur. Je donne mon avis. Christine Saint-Pierre est reporter, elle rapporte. Pour rapporter les arguments des uns et des autres, elle doit taire l’opinion qu’elle s’est forgée, elle qui, en tant que journaliste, fait partie du 1% de la population la mieux informée, donc la mieux à même d’avoir une opinion. C’est l’indispensable paradoxe des artisans de l’information. Pour avoir enfreint cette règle cardinale, Christine (je l’appelle par son prénom, je l’ai encore croisée l’autre jour à la pharmacie) sera suspendue de ses fonctions et sera privée d’Afghanistan. Décision parfaitement justifiée.

        Pourtant, je l’applaudis. Non parce que je suis d’accord – quoique cela doit nourrir mon enthousiasme. Non parce que c’est un événement majeur – on n’en parle déjà plus. Mais parce qu’il y a là un moment d’humanité, de liberté retrouvée par la transgression du règlement, un cri du cerveau et du cœur de quelqu’un qui voulait dire : assez ! Elle voulait que son cri soit entendu, quelles que soient les conséquences. Elle a réussi.

        Ce n’est remarquable que parce que sa position est à contre-courant de l’immense majorité de l’opinion québécoise. Ses auditeurs (et la majorité d’entre vous chers lecteurs) sont en proie à un effet pervers du sentiment anti-Bush et à une dérive de la tradition pacifiste québécoise. Effet pervers, d’abord, car si 81% des Québécois, et moi, rejetons Bush et ses politiques, rabrouons sa politique irakienne et israélienne, en sommes-nous au point où tout ce que Bush touche devient radioactif ? Il est pour une intervention en Afghanistan, donc nous sommes contre. (S’il fallait qu’il dise du bien de Céline Dion, sa carrière serait foutue !) Que l’administration américaine ait mal géré l’intervention afghane ne fait aucun doute. Mais devons-nous lui préférer le retour au pouvoir des Talibans ? Il y a des raisons progressistes d’être en Afghanistan. Des raisons démocrates. Des raisons féministes.

        Dérive de la tradition pacifiste, ensuite, car, s’il est vrai que nos parents ont refusé de se soumettre à des gradés francophobes pendant la seconde guerre (René Lévesque préférant joindre l’US Army), il y eut en proportion davantage de volontaires québécois que canadiens anglais pour repousser les nazis en Europe. Plus récemment, en 1990, tous les partis, y compris le PQ, avaient appuyé l’intervention de la coalition lors de la première guerre du golfe. Refuser aujourd’hui tout engagement militaire, c’est s’exclure de tout combat pour la liberté. Voilà, je pense, ce qui a nourri le raz-le-bol de Christine Saint-Pierre.

        Dany Lafferrière, dans une chronique radiophonique cet été, avait fait l’éloge du coup de boule de Zinédine Zidane. Le coup de tête qu’il a donné au joueur italien Materazzi. C’était puéril ? Peut-être. Il a contribué à faire perdre à son équipe la coupe du monde ? Cela se peut. Il a entaché sa carrière qui se terminait ce soir là ? Indubitablement. Mais à cause de la lourdeur des conséquences, la décision prise instantanément par cet être généralement raisonné, de terrasser un adversaire italien qui, on le sait maintenant, avait mis en cause l’honneur de sa sœur, est profondément séduisant.

        Ce n’était pas plus fort que lui. C’était, à cet instant, ce qui était le plus fort en lui. Même chose pour Christine. La norme de l’objectivité journalistique – admirable, indispensable – les conséquences pour la carrière – imprévisibles – ne faisaient pas le poids devant l’absolue nécessité d’exprimer sa conviction et son émotion. Ce n’est ni l’audace ni le courage que je salue, mais l’être humain.

        Jean-François Lisée

        Jean-François Lisée fut directeur exécutif du Centre d’études et de recherches internationales de l’Université de Montréal (CÉRIUM) de 2004 à 2012.

        http://www.cerium.ca/Le-Coup-de-boule-de-Christine

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