Mensonges du propagandiste Ben White dans Le Devoir

Israël et le sionisme sont un mal si absolu pour le militant Ben White qu’il ne craint pas de s’associer à ceux qui nient le mal du génocide des Juifs européens. Selon White, le nationalisme juif (le sionisme) est une “idéologie de suprématie raciale“,  un “colonialisme”  qui diffère des autres en cela qu’il serait “exterminateur“. Son premier pamphlet “antisioniste” recommande un essai du négationniste de la shoah Roger Garaudy. Lorsque le président iranien Mahmoud Ahmadinejad pourfendit le “mythe” de l’Holocauste pour la première fois en public, White le défendit . En fait, White a même fait l’apologie de l’antisémitisme comme une réaction compréhensible au “biais et à la subordination répandus des médias occidentaux à la cause israélienne”. Bonjour les Protocoles! Au mois de mars prochain, White participera à une conférence organisée par des théologiens chrétiens extrémistes qui fréquentent des négationnistes.

On pourrait croire que des antécédents aussi peu recommandables discréditent White comme commentateur de bon aloi du conflit israélo-arabe. Mais on aurait apparemment tort. De passage à Montréal cette semaine, White a été reçu dans les bureaux du Devoir accompagné du leader de Tadamon!, un groupuscule militant formé pour retirer le Hezbollah de la liste canadienne des organisations terroristes.

Le Devoir aura sûrement ses raisons d’offrir une tribune aux vues de White, mais qu’il soit permis de douter que le devoir d’informer en soit une.

Voici quelques extraits-clés de l’entrevue de White (en italiques) et mes commentaires:

«Si d’aventure le Hamas était reconnu comme le parti qui détient le pouvoir dans l’Autorité palestinienne, et qu’Israël acceptait de négocier avec lui et lui offrait un État dans les frontières de 1967, je ne suis pas sûr qu’il y aurait une réponse très différente de celle que donnerait Abbas. Le Hamas est devenu très pragmatique», ajoute-t-il.

Comme dans ses articles sur l’ “apartheid israélien”, White ment. Le Hamas ne donne aucun signe de pragmatisme. Au contraire, il n’a de cesse de réaffirmer que le mouvement islamiste palestinien ne reconnaîtra jamais Israël et poursuivra sa campagne d’attaques terroristes dans le but ultime de détruire Israël. Le 14 décembre dernier, à l’occasion du 24e anniversaire du Hamas, son leader à Gaza, Ismaël Haniyeh, a déclaré: “Aujourd’hui, nous l’affirmons clairement: la résistance et la lutte armées sont la manière stratégique de libérer la terre palestinienne” (source). Haniyeh a tenu sensiblement les mêmes propos aujourd’hui à l’occasion du 33e anniversaire de la Révolution islamiste iranienne (source) “.

Pire encore, non seulement le Hamas rejetterait-il l’offre un État palestinien dans les lignes de 67, mais l’Autorité palestinienne elle-même a rejeté  en 2008 l’offre israélienne d’un État dans Gaza et la totalité de la Cisjordanie avec un accueil limité de réfugiés. “Le fossé est trop grand”, répondit Mahmoud Abbas (source).

Pour Ben White, «la solution la plus viable et la plus souhaitable» serait de créer un seul État sur le territoire qui comprend l’État d’Israël, Gaza et la Cisjordanie. «La Palestine n’aurait jamais dû être partitionnée», dit-il en soutenant qu’il s’agit d’«une vision optimiste».

Comme ses compagnons de route de la campagne de boycott d’Israël, White lamente la création légale et légitime d’Israël et en prône ouvertement la dissolution dans un État à majorité arabe. Si l’expulsion des Juifs du monde arabe et la persécution des chrétiens dans le monde musulman sont garantes de l’avenir souhaité par White, et on voit mal comment elles ne le seraient pas quand l’Autorité palestinienne rejette l’idée de la moindre présence juive dans son futur État, les Juifs israéliens ne se retrouveraient pas dans une position “viable” ou “souhaitable” sous domination arabe-musulmane.

La thèse d’un seul État est prônée par nombre de Palestiniens mais se heurte à une opposition presque unanime du coté des Israéliens, qui tiennent au caractère juif de l’État qu’ils ont fondé en 1948

En effet, en octobre 2010 un sondage révélait que pour 83% des Palestiniens la paix avec Israël passe par sa suppression. On comprend mieux le rejet palestinien de chaque offre d’État depuis 1937.

Ben White croit que les bouleversements dans la région, qui risquent de rendre Israël plus isolé, pourraient faire bouger l’opinion publique dans cet État.

Une chance que le ridicule ne tue pas. Israël qui a survécu à trois guerres conventionnelles et eu raison d’innombrables campagnes de terrorisme opterait pour le suicide national parce que les islamistes prennent le contrôle des États faillis autour de lui. Dans les catastrophiques circonstances économiques actuelles, les Égyptiens ont davantage à craindre d’un régime islamiste économiquement incompétent que les Israéliens.

«La solution des deux États est-elle plus réaliste, ne serait-ce que du point de vue de l’eau, pour laquelle Israël dépend en bonne partie des réserves situées en Cisjordanie?» demande-t-il.

Faux. Les principales sources d’eau israéliennes sont les mêmes aujourd’hui qu’avant la conquête de la Cisjordanie en 1967, soit le Lac de Tibériade, l’aquifère côtier et les aquifères occidental et septentrional dont l’eau se déverse naturellement des monts cisjordaniens en Israël (source). La seule solution réaliste au conflit est la création d’un État palestinien sur le socle d’un accord de statut final entre les parties, garantissant la légitimité et la sécurité des deux États. Pour cela, il faudra que les leaders Palestiniens surmontent enfin leur rejet de la vision des deux États pour deux peuples que des extrémistes comme Ben White prêchent sans relâche au détriment des Palestiniens comme des Israéliens.



Categories: Antisionisme, Médias

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2 replies

  1. Nous pouvons clairement voir ici le journaliste Claude Lévesque du Devoir faire un travail fort questionnable, pour ne pas dire biaisé. Quel poltron ! Quel lâcheté !

    Je félicite l’auteur de ce blogue de nous éduquer sur Ben White, le théoricien extrémiste.

    À quand attend une entrevue du “journaliste” Claude Lévesque du Devoir avec Dieudonné ?

    Jason

  2. Il est toujours déplorable de voir un journal de premier plan donner une tribune à de tels énergumènes. Mais d’un autre côté cela donnera l’occasion aux lecteurs du journal de constater que les objectifs des anti-“sionistes” sont bel et bien d’éliminer Israël, et non pas de “critiquer” la politique de Netanyahou (ou d’Olmert, ou de Barak, ou de Rabin, ou de Peres, ou de Shamir, etc etc etc.)

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