Peuples inventés

Donc, les paroles du candidat présidentiel républicain Newt Gingrich sur l’invention du peuple palestinien ont semé l’émoi. Bien sûr, la notion de peuple est une construction politique aux contours changeants. En ce sens, tout peuple est “inventé” et se “réinvente”. Ce qui ne le rend pas moins légitime. Mais tel n’était pas le propos de M. Gingrich. Tout comme ce n’est pas le propos de Shlomo Sand, auteur de “Comment le peuple juif fut inventé”, cette nouvelle bible des “antisionistes”.

Plusieurs auront vu dans les paroles de M. Gingrich une manoeuvre de séduction à l’endroit des Juifs américains. À ceux-là, il faudrait dire que l’on comprend mal comment ces propos, que seule une frange extrémiste israélienne (et je ne me réfère pas au Likud) pourraient cautionner, auraient le pouvoir de séduire l’électorat judéo-amércain résolument libéral.

Car, pour récente que soit l’émergence d’une identité nationale palestinienne, elle existe néanmoins et est reconnue comme telle par l’immense majorité des Israéliens et des Juifs américains. Le premier ministre israélien Benjamin Netanyahu n’a-t-il pas ouvert son discours à l’ONU en septembre dernier en déclarant “Je tends ma main au peuple palestinien avec lequel nous recherchons une paix juste et durable” ?

D’autres y auront vu une invitation à étaler leur négation de l’existence d’une identité nationale plus ancienne, celle du peuple juif. Certains, comme dans le blogue de Richard Hétu (La Presse), soutiennent même que l’identité nationale juive, parce que creuse, est essentiellement “négationniste”: “Le peuple “juif” n’existe que par la négation des civilisations goys, la négation de l’existence des nations et des peuples réels. Cette question est donc une parfaite illustration de la mentalité talmudique”. Sachons gré à ceux-là d’avoir confirmé une fois de plus que l’antisionisme n’est que le vernis idéologiquement correct de l’hostilité et du mépris envers les Juifs.

Quant aux dirigeants palestiniens, il convient de saluer leur dénonciation des paroles de M. Gingrich comme étant nuisibles pour la paix. En espérant qu’ils aient enfin la cohérence de cesser de distiller dans leurs médias et leurs déclarations officielles (en arabe, seulement) un nationalisme palestinien négateur de l’existence du peuple juif et de son lien historique avec Israël.

Discours du président de l’Autorité palestinienne Mahmoud Abbas niant le lien historique entre les Juifs et Israël, 14 mai 2011.



Categories: Antisionisme, Moyen-Orient

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9 replies

  1. “Plusieurs auront vu dans les paroles de M. Gingrich une manoeuvre de séduction à l’endroit des Juifs américains. À ceux-là, il faudrait dire que l’on comprend mal comment ces propos, que seule une frange extrémiste israélienne (et je ne me réfère pas au Likud) pourraient cautionner, auraient le pouvoir de séduire l’électorat judéo-amércain résolument libéral.”

    Vous êtes plus intelligent que ça David, vous savez bien que le but des paroles de Gingrich est d’attirer les contributions financières des riches Juifs sionistes de droite. Il y a beaucoup d’argent à aller chercher là.
    http://mondoweiss.net/2011/12/newts-new-york-visit-for-funds-was-about-israel.html

    Pour ce qui est des votes de la communauté juive, je ne pense pas qu’il en ramasse beaucoup car elle est majoritairement libérale comme vous le dites. Mais il faut reconnaitre qu’une frange de la communauté, puissante et riche, est prête à l’appuyer. Êtes-vous capable de le reconnaitre?

    • “les contributions financières des riches Juifs sionistes de droite”. Les Juifs et l’argent, les Juifs riches, le sionisme “de droite”. La “communauté puissante et riche”. Et tout cela serait une histoire d’influence et de pression financière, autant dire un complot. Manquent plus que l’immoralité des Juifs et le meurtre rituel. Ah, et puis aussi, le grand nez des Juifs.

  2. Les Palestiniens ont aussi déposé une demande d’adhésion aux Nations unies, où ils sont présentement considérés comme une « entité » ayant le statut d’observateur.

    Voila ce qui ecrit aujourd’hui dans un artcile de radio Canada encore ou bien radio Palestine…
    Encore des mensonges depuis quand le statut ObSERVATEUR… c’;est faux

  3. Que l’on aime ou pas Newt Gingrich, il fait tout simplement un calcul politique et un vigoureux appel du pied d’une certaine base pro-Israël chez les républicains.

    Posons la question pour choquer:

    -Électoralement, combien de juifs sionistes aux États-Unis sur le plan électoral ?

    -Électoralement, combien de chrétiens sionistes et/ou pro-sionistes(donc certains sont très mobiliser sur une base fondamentaliste) ?

    C’est un calcul politique d’une logique implacable qu’il tente de faire.

    Tirez-en vos conclusions.

    Jason

  4. Newt Gingrich force les autres candidats républicains à se positionner.

    Il met aussi de la pression sur le Messie Obama….

    Jason

  5. Une identité nationale “palestinienne” ? Ce n’est pas parce que les dirigeants israéliens et la majorité de la population d’Israël et du monde se plante que nous sommes tous obligés d’adhérer au même paradigme, aux mêmes croyances et aux mêmes illusions.

  6. Inutile de dire que Newt Gingrich, je le trouve vachement «hot», par les temps qui courrent!!! 😉

  7. Mise au point

    Palestine

    Si le mot « Palestine » a été ignoré de tous les habitants de la Terre sainte, qu’ils fussent juifs, musulmans ou chrétiens, depuis l’époque des Croisades jusqu’au XXe siècle, on peut se demander alors d’où est issu ce nom de Palestine qui fait couler tant d’encre, de sang et de larmes. Bernard LEWIS, dans un admirable article paru en 1984 dans la revue Histoire (n° 72), nous donne l’explication suivante.

    Le mot Palestine, dit-il, vient de « Philistin ».
    « Il désignait à l’origine une région côtière autour de Gaza, occupée par les envahisseurs philistins venus d’au delà des mers. Dans I ‘Antiquité, la côte et son arrière-pays portaient bien d’autres noms encore. Dans l’usage courant, le plus ancien est pays de Canaan, (Canaan désigne un peuple). Les Juifs appelaient la région Eretz Israël, la terre d’Israël, qui fut divisée après la mort du roi Salomon entre les royaumes d’Israël au nord et de Juda au sud. La dénomination Palestine apparait pour la première fois dans la littérature gréco-latine, chez Hérodote. Par la suite, c’est l’expression Syrie palestinienne qui est le plus souvent employée pour désigner la plaine côtière jadis habitée par les Philistins, à l’exclusion, en général, de la Judée, c’est à-dire de l’intérieur, le pays de Juda. »

    Bernard LEWIS précise qu’officiellement, les Romains parlaient de Judée. Ils ne préférèrent à ce terme celui de Palestine qu’après la répression du soulèvement juif par l’empereur Hadrien, qui voulut faire disparaitre le peuple et l’État juifs.
    « Hadrien rebâtit Jérusalem ruinée en 135 ap. J. C. et lui donna un nom tout neuf de colonie romaine, Aelia Capitolina, en son propre honneur – son nom complet était Titus Aelius Hadrianus – et en l’honneur des dieux du Capitole romain. Sur l’emplacement du Temple, on élève un temple à Jupiter, orné d’une statue équestre d’Hadrien, et un temple à Vénus se dresse sur le Calvaire. L’accès de la ville est interdit aux Juifs – y compris les Juifs convertis au christianisme – sous peine de mort. Les chrétiens de la Ville sainte doivent choisir un évêque qui ne soit pas d’origine juive. Comme Jérusalem, la Judée perd son nom pour devenir la Palestine. »

    Il faut ajouter que la Bible est le premier document à donner des précisions sur l’étendue du pays connu plus tard sous le nom de Palestine.
    « Cela, à trois reprises correspondant à trois étapes dans la formation du concept de Terre promise. Dans le premier passage, le pacte de Dieu avec Abraham énumère les terres promises à ses descendants – « de la rivière d’Égypte au grand Euphrate » –, promises, bien sûr, aux descendants d’Ismaël comme à ceux d’Israël.
    Le deuxième passage concerne la terre promise à Moïse et occupée par les Israélites après I’Éxode et la traversée du désert.
    Le dernier est en rapport avec le retour de la captivité de Babylone. »

    Cette expression – « Palestine » – ne pouvait recéler un contenu géographique très précis.
    Voici comment I’Encyclopaedia Britannica définissait la Palestine en 1910, à l’époque où le pays faisait encore partie de I’Empire ottoman:
    « La Palestine est la bande de terre qui s’étend le long de la rive orientale de la Méditerranée de l’embouchure du Litani à l’embouchure de l’oued Ghuzza (qui coule en amont vers Beersheba). À l’est il n’y a pas de frontière naturelle. Le Jourdain, c’est vrai, sépare la partie occidentale et la partie orien¬tale de la Palestine, mais il est impossible de dire où cette dernière finit et où le désert commence. »

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