Comment ne pas créer un État palestinien

Article rédigé par l’ancien premier ministre espagnol José M. Aznar et d’autres membres de l’Initiative Amis d’Israël, publié le 14 juillet 2011 dans le Jerusalem Post. (Adaptation française: David Ouellette)

Seuls un dialogue sincère et la reconnaissance inconditionnelle et réciproque peuvent jeter les bases d’un État palestinien viable. Il ne peut y avoir deux États coexistant en paix à moins que les Palestiniens n’acceptent qu’Israël soit l’État-nation du peuple juif et que les Israéliens acceptent que l’État palestinien soit l’État du peuple palestinien. Sans cette base, aucun progrès réel ne sera fait.

José M. Aznar, ex-premier ministre d'Espagne

La déclaration unilatérale d’un Etat palestinien, et sa reconnaissance internationale, seraient une énorme erreur.

Un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens est essentiel, mais ne peut être réalisé que par des négociations honnêtes – et non pas par l’imposition d’une décision unilatérale par l’une des parties.

Au cours des deux dernières années, l’Autorité palestinienne (AP) a refusé de s’asseoir à la table des négociations avec le gouvernement israélien, se cachant derrière l’excuse des travaux de construction dans quelques colonies de Cisjordanie. Dans le même temps, elle a négocié la création d’un gouvernement d’union nationale avec le Hamas – un groupe terroriste dont l’objectif déclaré est l’élimination d’Israël. Un “gouvernement” palestinien d’un «État palestinien» autoproclamé et établi unilatéralement dont le Hamas serait membre rendra les négociations, pour ne rien dire d’un accord de paix, impossibles.

Le président américain Barack H. Obama a récemment préconisé un retour à des pourparlers sur la base des lignes pré-1967 moyennant des échanges territoriaux réciproques.

Mais même ces lignes, telles que définies dans les accords d’armistice de 1949, ont été l’objet de négociations conformément aux résolutions du Conseil de sécurité 242 et 338, dont les deux parties ont convenu qu’elles formeraient la base d’un futur accord de paix. Toute future frontière, selon ces résolutions, doit être le résultat d’un accord négocié.

La déclaration unilatérale d’un État palestinien est aussi un dispositif de délégitimation maladroitement dissimulé. Les Palestiniens sérieux savent très bien qu’ils ne répondent pas aux exigences internes et externes pour devenir un État viable, et encore moins un nouveau membre de l’ONU avec toutes les obligations qui en découlent.

Leur objectif en est un autre: la déclaration unilatérale est en réalité tout simplement une autre tactique dans une stratégie plus étendue pour embarrasser et délégitimer l’État d’Israël.

Il n’y a pas de fondement historique, institutionnel ou juridique pour reconnaitre un État palestinien aujourd’hui, sauf comme une sorte d ‘«État virtuel» qui existerait dans l’imagination des diverses parties, mais sans aucune attache à la réalité.

En Cisjordanie, les Palestiniens dépendent de la coopération israélienne pour fonctionner. D’autres aspects modernes de l’État, tels que le respect des droits de l’homme, la liberté et une démocratie qui fonctionne – qui sont tous exigés d’autres pays en quête de reconnaissance – font cruellement défaut dans le cas palestinien. En effet, cette ruée vers une déclaration unilatérale d’indépendance, y compris les négociations inter-palestiniennes avec le Hamas, fait entrave à la formation de la société civile en Cisjordanie, qui a fait des progrès ces dernières années et qui est indispensable à toute paix durable.

Une déclaration de reconnaissance d’un État palestinien par l’Assemblée générale de l’ONU ne parviendra qu’à compliquer la recherche d’une solution.Une action unilatérale aura des conséquences imprévisibles; le seul vrai moyen d’avancer est à travers un accord bilatéral.

L’heure n’est pas aux gestes destructeurs: il est temps d’encourager chacun à s’asseoir et à négocier face à face, sans conditions préalables autres que la reconnaissance mutuelle et sans équivoque. Il ne peut y avoir deux États coexistant en paix à moins que les Palestiniens n’acceptent qu’Israël soit l’État-nation du peuple juif et que les Israéliens n’acceptent que l’État palestinien soit l’État du peuple palestinien. Sans cette base, aucun progrès réel ne sera fait.

Le gouvernement de Jérusalem a dit à maintes reprises qu’il est prêt à parler. C’est maintenant le moment de vérité pour les Palestiniens. Ils doivent choisir les négociations, avec tout ce que de telles négociations implique, y compris des concessions de la part des deux parties.

Pour les représentants du peuple palestinien, l’alternative est de continuer à diaboliser leur seul partenaire de négociations possible, tout en attendant que la communauté internationale fasse pencher la balance en leur faveur. Mais le chantage mènera à la catastrophe.

Les négociations doivent être menées de bonne foi, non pas comme un moyen de pression internationale. Il est temps pour la communauté internationale, à commencer par l’ONU, de dire que le temps des jeux et de la pensée magique est révolu.

De sérieuses négociations ne peuvent être menées que par les Israéliens et les Palestiniens eux-mêmes, peu importe la quantité d’aide ou de bonne volonté fournie de l’extérieur. Un État palestinien déclaré unilatéralement qui n’est pas le produit d’une négociation bilatérale revient à exiger d’Israël qu’il accepte l’inacceptable.

La diplomatie repose avant tout sur la négociation et l’entente, non pas sur des exigences unilatérales imposées avec mépris.

Les soussignés ont tous un désir sincère de voir un État palestinien aux côtés d’Israël, vivant dans une paix stable et durable. Nous appelons donc tous les dirigeants de l’Union européenne et du monde occidental à rejeter la position actuelle de l’AP. Nous exhortons les Palestiniens de voir que la seule façon d’avoir leur propre État passe par un accord avec les Israéliens. Aucune autre option ne devrait être soutenue. Seuls un dialogue sincère et la reconnaissance inconditionnelle et réciproque peuvent constituer la base de nouvelles négociations. Seuls un dialogue sincère et la reconnaissance inconditionnelle et réciproque peuvent jeter les bases d’un État palestinien viable.

Jose M. Aznar, David Trimble, Alejandro Toledo, G. Weidenfeld, Marcello Pera, Andrew Roberts, F. Nirenstein, G. Weigel, R. Agostinelli, C. Bustelo and William Shawcross.



Categories: Diplomatie, Moyen-Orient

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8 replies

  1. ce qui se passe vraiment dans la ville la plus bombardée du monde !15 secondes à Sdérot:

    C’est vraiment ahurissant, ecoeurant

    et très choquant de voir toutes ces mechancetés et cette haine, ainsi que ce 2 poids 2 mesures, que les médias réservent exclusivement comme traitement de presse à Israel, petit État qui tente de survivre depuis plus de 60 ans, dans un environnement hostile et haineux.

    J’ai mal et je pleure pour Israel .

    Qu’ont fait ces innocents enfants Juifs pour recevoir des bombes et des missiles en pleine fête ???

    Les enfants des Juifs n’ont t-ils pas le droit de s’amuser et de se recréer comme les autres enfants du reste du monde ???

    Personne, aucune ville, aucun village, aucun pays en Europe, ne peut vivre, ne fûsse qu’une journée, le quotidien de cette ville d’Israël, la ville de Sdérot
    et tout ses habitants.

    ILS NE LA PERMETTRAIENT PAS, CETTE TERREUR, TOUT SIMPLEMENT.
    Alors pourquoi laissent-ils faire cela ?

    Noam Bedein, directeur du Centre de Sderot Media, a lancé un appel aux principaux médias ,venant des citoyens de Sdérot. Arutz Sheva a décidé de le publier
    pour nos lecteurs et espérons-le, les médias traditionnels à qui il est adressé. Une vidéo ci-dessous, montre les enfants en panique courant vers les abris
    alors qu’une roquette Kassam s’apprête à tomber.

    Appel de Sdérot aux médias:

    Nous vous demandons respectueusement de changer la façon dont vous annoncez les tirs continus de roquettes sur Israël depuis Gaza.
    Les dernières statistiques de Natal, l’organisation traitant du stress post-traumatique, montrent que 70% des enfants de Sdérot souffrent de symptômes
    de stress post-traumatique deux ans et demi après l’Opération Plomb Durci et plus d’un tiers des habitants de Sdérot ressentent constamment de l’anxiété
    post-traumatique.

    Sept roquettes, missiles et mortiers ont été lancés depuis Gaza vers les communautés du Néguev occidental au cours des derniers jours.
    La couverture disproportionné de ces tirs de roquettes et explosions se trouve dans un reportage succinct et insignifiant de la presse écrite et ne prenant
    que quelques secondes du temps des informations. Le sujet est à peine évoqué par le msm, qui affirme seulement (heureusement pour l’instant) qu’il y a
    pas eu de blessés ni de dommages à la propriété. Ce n’est pas vraiment le cas, comme le sait celui qui vit dans la peur constante du prochain missile.

    Nous, au Centre médiatique de Sdérot nous vous exhortons à exposer avec plus d’insistance ces attaques, et de les présenter comme les exemples mêmes de
    guerre illégitime et criminelle contre des civils innocents Sinon, ce en quoi les médias sont complices sans le vouloir, est une acceptation tacite de
    la terreur islamique extrémiste contre des civils innocents.

    Nous vous demandons de changer votre rapport de la façon suivante:

    1. S’il n’y a pas de blessures, il est important de souligner qu’elles sont rapportées ici comme blessures physiques. Mais que ce sont surement plus des
    blessures mentales, même si nous ne laissons pas les terroristes changer notre vie.

    2. Il est crucial de mentionner à chaque fois le nombre de roquettes qui ont été lancées contre Israël depuis le dernier cessez-le feu du 18 Janvier 2009.

    En date d’aujourd’hui du 15 Juillet 2011, il y a eu 788 tirs de roquettes depuis Gaza visant les résidents du sud d’Israël. Ceci doit être rapporté encore
    et encore afin que le monde sache. Nous avons décidé d’écrire cette lettre ouverte à tous les grands médias pour solliciter un changement de sensibilisation
    quant à la signification et les séquelles de ce bombardement constant de gens qui essaient de vivre une vie normale dans une région qui n’a jamais été
    contestée, même par l’ONU , à moins que ce ne soit l’existence même de l’Etat d’Israël qui est contestée.

  2. Décidémment, la france est de plus en plus écoeurante dans le traitement qu’elle réserve exclusivement à Israel !
    La France a appelé mardi Israël à la « mesure » et à la « responsabilité » vis-à-vis des occupants du « Dignité Al-Karama », un bateau français d’une flotille
    internationale qui cherchait à briser le blocus de Gaza et qui a été intercepté dans la matinée par la marine israélienne. Selon le porte-drapeau du ministère
    des Affaires étrangères, Bernard Valero, Paris attend que les autorités israéliennes « respectent tous les droits de nos ressort-hissants et permettent
    leur prompt retour en France ».
    NDLR Massacre en Syrie : Paris n’appelle pas Damas à la « mesure » …

    http://www.leparisien.fr/internatio

  3. Le CRIF a pris connaissance avec étonnement des propos tenus par Alain Juppé, ministre des Affaires étrangères, propos rapportés par une dépêche de l’Agence
    France Presse, du 18 juillet 2011. Entre autres « problèmes », M. Juppé a commenté la formule « Etat Juif » en émettant des réserves et en indiquant qu’aujourd’hui 
    en Israël, « il y a des Juifs mais aussi des Arabes » .


     Effectivement, le CRIF se félicite de ce que, dans l’Etat d’Israël, il y ait 20% de citoyens arabes qui jouissent des mêmes droits que les autres citoyens
    israéliens. On pourrait espérer qu’il en soit de même dans le futur Etat palestinien. Mais, le CRIF est inquiet des déclarations de Mahmoud Abbas, au cours
    d’une réunion de la Ligue Arabe, en mai 2011. Abbas avait déclaré vouloir une Palestine « purifiée de la présence juive ».

    – Israël se veut être l’Etat du peuple Juif. Le CRIF considère qu’il est bien normal que le peuple juif puisse disposer d’un Etat, l’un des 193 États membres
    de l’Organisation des Nations Unies. Israël de ce point de vue doit être considéré comme l’Etat du peuple Juif.

    – D’ailleurs, dans sa résolution 181 du 29 novembre 1947, l’Assemblée générale des Nations Unies a voté en faveur de l’existence d’un « Etat Juif » et d’un
    « Etat arabe » sur les 20% de la Palestine mandataire, puisque 80% de ce dernier territoire avait d’ores et déjà été attribués par les Anglais à l’Etat
    arabe de Transjordanie.

    ——————————————————————————–

    La France a appelé mardi Israël à la « mesure » et à la « responsabilité » vis-à-vis des occupants du « Dignité Al-Karama », un bateau français d’une flotille
    internationale qui cherchait à briser le blocus de Gaza et qui a été intercepté dans la matinée par la marine israélienne. Selon le porte-drapeau du ministère
    des Affaires étrangères, Bernard Valero, Paris attend que les autorités israéliennes « respectent tous les droits de nos ressort-hissants et permettent
    leur prompt retour en France ».
    NDLR Massacre en Syrie : Paris n’appelle pas Damas à la « mesure » …

    http://www.leparisien.fr/internatio

  4. David Ouellette: “D’autre part, on peut aussi se demander, a posteriori, si le retrait unilatéral a été une sage décision. ”

    Lorsqu’on regarde ce qui se passe avec les roquettes qui pleuvent sur le sud d’Israel, la réponse est évidente, non ? Même Péres homme de gauche a reconnu l’erreur du retrait de Gaza ! C’est peu dire.

  5. @Jason: Qu’est-ce que vous ne comprenez pas? Que M. Aznar ne parle pas pour le gouvernement d’Ariel Sharon?

    D’autre part, on peut aussi se demander, a posteriori, si le retrait unilatéral a été une sage décision.

  6. “Un accord de paix entre Israéliens et Palestiniens est essentiel, mais ne peut être réalisé que par des négociations honnêtes – et non pas par l’imposition d’une décision unilatérale par l’une des parties.”

    Je veux bien comprendre M. Ouellette.

    Israël ne s’est-il pas retirer UNILATÉRALEMENT de Gaza avec l’initiative de Ariel Sharon ?

    Ce retrait de Gaza n’était pas une négociation entre deux parties.

    C’était une décision qui a été faite de manière UNILATÉRALE.

    Jason

  7. Dire que l’Espagne a déjà eu un ami de Israël et du peuple juif, à sa tête!!! Ça aurait été mieux de le garder que de mettre l’antisémite qui a prit sa place, en 2004!!!

    Ici, ce fut la seule fois où j’ai été d’accord, avec une gauchiste: http://lequebecdedemain.blogspot.com/2010/03/la-derniere-vraie-representante-de-la.html

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