Raymond Aron dans le Journal de Montréal

Raymond Aron

Dans le  Journal de Montréal de ce matin, deux références au grand philosophe libéral Raymond Aron, rare intellectuel européen à ne pas avoir succombé aux chants de la sirène communiste. D’abord Richard Martineau qui déplore le dogmatisme idéologique (j’espère ne pas être mis en demeure encore pour l’avoir cité) qui sévit encore et toujours et bouche la pensée, puis Joseph Facal sur le mépris de soi en Occident. Pas mal, pour un journal “populiste” et “démagoqique”, non ?

 

Le bon combat

Joseph Facal, Journal de Montréal, 12 janvier 2001

(extrait)

La forme la plus courante de ce mépris de soi est l’établissement d’une fausse équivalence morale.  Le terrorisme islamiste est certes condamnable, dira-t-on, mais nos dirigeants ont aussi leurs torts actuels et passés : impérialisme, esclavagisme, soutien à des dictatures, etc.

C’est vrai, bien sûr, mais on passe alors fort rapidement par-dessus une réalité indiscutable : à aucun autre endroit de la planète, à aucun autre moment dans l’histoire de l’humanité, la liberté, la prospérité et le respect de la dignité humaine ne se sont mieux portés que dans les sociétés occidentales d’aujourd’hui.

C’est comme si nos défauts nous ôtaient le droit de dire sereinement ce qui crève les yeux : que la civilisation occidentale est moralement et matériellement supérieure aux autres. Désolé, mais il faut avoir la boussole sérieusement détraquée pour ne pas vouloir admettre qu’elle vaut la peine d’être défendue, malgré ses torts, et qu’elle n’est pas la cause unique des maux qui affligent le reste de l’humanité.

Cette distorsion du jugement verse fréquemment dans la paranoïa conspirationniste. Après ce billet, je recevrai, comme toujours, des réactions furibondes de gens qui mélangeront tout : pétrole, néolibéralisme, Bush, CIA, FMI, Vatican, Irak, Wall Street, Fox News, Afghanistan, Omar Khadr, paradis fiscaux, etc.  Ajoutez-y Israël, et le mélange devient rapidement toxique et cache parfois (je dis parfois, pas toujours) des motivations moins avouables.

De manière presque réflexive, une tentative de votre part pour leur faire entendre raison ou pour leur faire admettre quelques réalités de base fera de vous, dans l’esprit de certains, un rouage du grand complot qu’eux seuls voient clairement.

Remarquez, ce n’est rien de nouveau. Dans les années 50 et 60, Jean-Paul Sartre et l’immense majorité des intellectuels médiatiques furent d’une impardonnable complaisance envers les régimes totalitaires. Presque seul, un libéral modéré comme Raymond Aron s’obstinait à défendre ce que nous étions. Il valait pourtant mieux, entendait-on, avoir tort avec le premier qu’avoir raison avec le second.

 



Categories: Antioccidentalisme

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1 reply

  1. Bon Début PM Soleil et Neige tout le Monde !

    Grands mercis pour ces Article portant sur la Vison de Raymond Aron, un philosophe et sociologue wéberien qui, étudiant le Monde Totalitaire et Communiste, fait parti de ces Intellos qui ont osé l’Hétérogénéité GéoPolitique ; une Vision susceptible d’avancées en matières d’États et de Démocraties d’émergence libre et volontaire.

    Une Vision qui, déconcertante et dérangeante, a soulevé, et soulève tjrs, la Quiétude des Nationnalismes, des Radicalismes d”Origines politiques, religieuses, sociales ; une Quiétude maintenant DÉSARMÉE ou à Découvert !

    Une Quiétude sans Préjudice de Citations ni de Mises en demeure ! – 16 jan 2011 / 11 chevat 5771 –

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