Joseph Facal raille Khadir et ses amis boycotteurs

Le prophète et les infidèles

20 décembre 2010 par Joseph FacalJournal de Montréal

Dix-neuf des écoles secondaires qui ont un taux de décrochage supérieur à 40 % sont sur l’île de Montréal. Ce n’est pas l’effet du hasard si elles sont, pour la plupart, dans des quartiers pauvres et multiethniques.

Des gens d’affaires éminents, comme Laurent Beaudoin de Bombardier et Jacques Ménard de BMO, soutiennent une collecte de fonds pour financer des activités parascolaires au goût des jeunes de ces écoles : robotique, musique, etc. L’idée est d’éviter le décrochage en leur trouvant un projet auquel ils pourront s’accrocher. L’Opéra de Montréal recueillera aussi des instruments de musique usagés.

On semble enfin réaliser que des cas particuliers nécessitent des approches particulières, notamment une mobilisation qui doit ratisser plus large que les acteurs habituels du milieu éducatif. Idéalement, une offensive frontale massive impliquerait aussi des directeurs d’école et des professeurs triés sur le volet, et infiniment plus d’autonomie locale, mais au moins, les choses bougent dans la bonne direction.

Pendant que ces capitalistes infâmes et sans conscience sociale faisaient leur part, le député Amir Khadir faisait la sienne pour avancer sa conception très particulière du «progressisme». Il manifestait devant le 4062 St-Denis en compagnie de ses copains du Parti communiste du Canada.

On trouve à cette adresse une boutique qui vend des souliers de course. Le crime du propriétaire ? Deux pour cent (2 %) des souliers qu’il vend sont fabriqués en Israël. À n’en pas douter, cela fait de lui un agent du grand complot sioniste.

On a bien lu : un député, payé à 100 % par les fonds publics, manifeste devant un commerce situé dans son propre comté, parce qu’on y vend, en toute légalité, une infime quantité de produits d’un pays avec lequel le Canada a signé une entente de libre-échange. Après le lancer du soulier sur l’effigie de George Bush et les élucubrations sur le rôle de la CIA dans les attentats du 11 septembre 2001, Amir Khadir récidive dans l’extravagance.

C’est parce que l’État d’Israël pratique «l’apartheid» à l’endroit des Palestiniens, a-t-il expliqué. C’est évidemment risible. Palestiniens et Israéliens sont engagés dans une guerre sans merci. On peut à bon droit critiquer les politiques israéliennes et nombre d’Israéliens ne s’en privent pas.  Utiliser le mot «apartheid», c’est cependant déformer le sens du mot et insulter ceux qui ont subi le vrai apartheid en Afrique du sud.

Le député n’a évidemment pas l’intention de manifester devant les commerces qui vendent des produits fabriqués dans des pays du Moyen-Orient où des dirigeants non-élus oppriment leurs propres peuples, financent le terrorisme international et tolèrent la lapidation de femmes ou que l’on coupe les mains des voleurs.

Interrogé sur les produits fabriqués en Chine, il a laborieusement expliqué que la Chine était moins oppressive. J’en conclus qu’il n’a jamais entendu parler du Tibet, du massacre de la place Tiananmen, de l’emprisonnement du prix Nobel Liu Xiabo et des exécutions sommaires.

Mais je parle pour parler. Dès qu’il est question d’Israël, les critères normaux du débat civilisé, comme les nuances ou le sens de la mesure, ne tiennent plus.  Amir Khadir peut donc dormir en paix : non seulement le ridicule ne tue jamais vraiment, mais je ne doute pas qu’il aura nettement plus de défenseurs que de détracteurs.

 



Categories: Amir Khadir, Antisionisme, BDS, Québec Solidaire

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